NEWSLETTER NOVEMBRE 2026.
10 minutes de Souffle
Deg minutenn c’hwezh
Dis minute de bufey
La nouvelle newsletter du Souffle Breton
À partir de cette année, notre newsletter évolue avec un nouveau format : de nouvelles rubriques, des interviews exclusives, des dossiers approfondis sur des sujets variés et tous les rendez-vous clés du Souffle Breton !
Et si vous souhaitez contribuer plus en profondeur aux réflexions, participer aux visio-conférences thématiques, donner votre avis, n’hésitez pas à nous rejoindre en cliquant juste en dessous 👇

L’Edito
« Depuis trois années, les budgets se succèdent et l’histoire se répète. Pour 2027, les orientations du gouvernement semblent malheureusement se confirmer : les collectivités territoriales vont avoir à nouveau à payer pour les choix de l’État.
Pourtant, la loi est claire et nous impose l’équilibre budgétaire dans la gestion de nos communes, départements et régions. Le déficit nous est interdit et jamais aucun euro emprunté ne finance le fonctionnement de nos collectivités.
À l’inverse, l’État, qui n’a pas voté un budget à l’équilibre depuis plus de cinquante ans, réduit nos moyens tout en nous demandant de financer ses projets. Je ne cherche pas ici le conflit stérile, mais je réclame un État fort, concentré exclusivement sur ses missions régaliennes, laissant aux élus de terrain les affaires du quotidien ».
Loïg Chesnais-Girard, Président du Souffle Breton
La Loi de Finances en 3 dates.
Chaque automne, le budget de la France occupe le débat public. Mais avant d’arriver dans l’hémicycle, il a déjà parcouru un long chemin. Trois temps pour comprendre comment il se fabrique, et où sont, ou plutôt ne sont pas, les territoires.
Janvier-Septembre : la préparation
Tout commence dès janvier, loin des caméras. Le Premier ministre fixe ses priorités, la direction du budget passe en revue les dépenses de chaque ministère, puis s’ouvrent les négociations sur les crédits et les emplois de chacun.
Au printemps, la France transmet à la Commission européenne son programme de stabilité, qui trace la trajectoire de ses finances publiques. L’été venu, Matignon envoie ses lettres de cadrage et rend ses arbitrages, Bercy répartit les enveloppes, puis le Conseil d’État et le Haut Conseil des finances publiques rendent leurs avis.
Neuf mois de travail, en somme, entre l’État et lui-même. Les collectivités, qui seront pourtant appelées à contribuer, ne sont pas associées à cette phase. Leur sort se décide sans elles, et elles ne le découvriront qu’une fois le texte quasiment arrêté.
Une méthode très « jacobine » pour un pays dont la Constitution affirme pourtant, depuis 2003, que son organisation est décentralisée.
Octobre : le dépôt
Le projet de loi de finances doit être déposé à l’Assemblée nationale au plus tard le premier mardi d’octobre. Pour 2027, il a été adopté en Conseil des ministres le 1er octobre, avec un objectif : ramener le déficit public à 5 % du PIB. La veille, son volet local était présenté au Comité des finances locales.
Pour les collectivités, la présentation marque un net décalage avec les annonces. Quelques jours plus tôt, le Premier ministre écrivait aux départements qu’il avait voulu faire une exception en leur faveur ; ils découvrent une ponction de 1,2 milliard d’euros et se disent « en état de choc ». Au total, les collectivités sont appelées à un effort de 5,4 milliards d’euros.
Les Régions échappent à la nouvelle contribution, mais l’État leur retire 878 millions d’euros de financements pour des politiques qu’il leur a lui-même confiées : apprentissage, formation, ferroviaire. Parmi eux, 100 millions d’euros d’aides à l’installation et à l’investissement agricoles, supprimés après un été très difficile pour les agriculteurs.
Octobre-Décembre : le Parlement
Commence alors le temps parlementaire. La Constitution laisse 70 jours au Parlement. Les députés examinent le texte en commission puis en séance, d’abord la partie recettes, ensuite la partie dépenses, avant de le transmettre au Sénat. En cas de désaccord, une commission mixte paritaire tente de rapprocher les deux chambres. La loi doit être promulguée au plus tard le 31 décembre.
Depuis 2022 et la fin de la majorité absolue, ce parcours est devenu beaucoup plus incertain : recours fréquent au 49.3, motions de censure, et deux fins d’année sans budget, rattrapées par une loi spéciale. Cette année, Sébastien Lecornu s’est engagé à ne recourir ni au 49.3 ni aux ordonnances en l’absence d’obstruction parlementaire.
En commission, les députés ont retiré 5 milliards d’euros de ponctions sur les collectivités, mais maintenu la suppression de 157 millions d’euros de recettes des Régions, que socialistes, insoumis, écologistes et Liot jugeaient contraire à la parole donnée par l’État. Le texte a ensuite été rejeté, et l’hémicycle est reparti de la version du gouvernement. Le vote solennel sur la première partie est désormais inscrit au mardi 3 novembre.
La date à retenir :
Voilà cinquante ans que la France n’a plus connu d’excédent public. Le dernier budget en positif remonte à 1974 : 8,5 milliards de francs, l’équivalent d’environ 6,7 milliards d’euros aujourd’hui. Depuis, chaque déficit s’ajoute au précédent et vient nourrir la dette.
Un détail mérite pourtant d’être rappelé. Le déficit public additionne l’État, la Sécurité sociale et les collectivités. Or ces dernières n’ont pas le droit de voter un budget de fonctionnement en déséquilibre : elles n’empruntent que pour investir.
Cinquante ans de déficits, et c’est aux territoires, tenus à l’équilibre, qu’on demande une large part de l’effort. Nous ne refusons pas d’y contribuer, mais nous demandons qu’il soit construit avec nous, et non découvert la veille, pour préserver les services publics du quotidien.
Le sujet du mois.
Le PLF 2027 : les Régions sur la sellette
La Cour des comptes a démontré que l’échelon des collectivités locales ayant subi ces dernières années la diminution la plus prononcée de ses dotations est celui des Régions. De fait, leur situation financière se révèle aujourd’hui plus dégradée que celle du bloc communal et des départements. Le paradoxe est que, dans le même temps, on attend beaucoup d’elles, et notamment qu’elles investissent massivement dans la rénovation des lycée, le développement des mobilités collectives, les transitions écologique et énergétique.
Autant de « murs d’investissement » qui se profilent à l’horizon, et dont la prise en compte devrait conduire le gouvernement, non à les asphyxier sur le plan financier, mais bien au contraire à leur garantir dans la durée les ressources indispensables pour répondre aux défis structurels qui relèvent de leur périmètre de compétences
L’équité et la proportionnalité aux abonnés absents
Las, le projet de loi de finances pour 2027, tel qu’il a été présenté le 1er octobre dernier, ne fait qu’aggraver les dérives antérieures. Il leur est en effet demandé de réaliser à nouveau 20 % de l’effort global exigé des collectivités territoriales, alors qu’elles ne représentent que 11 % de leurs dépenses et 1 % de la dette publique. Et ce, alors même qu’elles ont déjà été ponctionnées de quelque 1,7 milliard d’euros ces deux dernières années.
La mise à contribution de la seule Région Bretagne devrait s’élever, selon les premières estimations, à quelque 56 millions d’euros. Hasard d’un calendrier politique passablement mouvementé, l’annonce de cette nouvelle purge survient dans un contexte de flambée de la colère lycéenne et étudiante où l’Etat, toute honte bue, n’hésite pas à réclamer de sa part un effort financier supplémentaire pour la rénovation des établissements scolaires dont elle a la charge, tout « en lui faisant les poches » dans le même mouvement. Cherchez la cohérence – et l’esprit de responsabilité !
Les PRIC aux oubliettes
Rentrons dans le détail de cet énième matraquage dont les Régions vont faire les frais par le biais de ce PLF 2027. Dans le champ de la formation professionnelle et de l’apprentissage, la saignée se poursuit et s’intensifie encore. Cette fois, il est question de la suppression pure et simple des fameux PRIC – ces Pactes régionaux d’investissement dans les compétences, dont la vocation est de financer des places de formation destinées aux publics les plus éloignés de l’emploi (bénéficiaires du RSA, seniors, jeunes sans diplôme), et en premier lieu aux chômeurs.
Le désengagement total du gouvernement va contraindre les collectivités régionales à opérer des choix drastiques : moins de places de formation pour les demandeurs d’emploi, les publics les plus fragiles mais aussi les filières sanitaires et sociales. Avec un probable effet domino sur lequel le CESER de Bretagne a récemment attiré l’attention. A court terme, l’interruption des financements d’Etat risque d’entraîner une baisse massive des appels à projet initiés par la Région, et de se traduire à moyen terme par la disparition en Bretagne de nombreux organismes de formation partenaires, réduisant l’offre de proximité, en particulier hors des grandes métropoles – Rennes et Brest.
La politique régionale de l’apprentissage sacrifiée
En parallèle, le gouvernement a acté en mai 2026 une réduction drastique de 88 % des dotations d’ajustement destinées aux Régions pour financer la construction, la modernisation et la rénovation des infrastructures et des plateaux techniques des centres de formation d’apprentis (CFA). En Bretagne, l’impact a été terrible. L’enveloppe territoriale s’est effondrée, passant de 11,7 millions d’euros en 2025 à seulement 1,4 million d’euros cette année, soit une perte sèche de plus de 10 millions d’euros.
Il en découle qu’un grand nombre de chantiers d’envergure sont aujourd’hui compromis, et que la Région doit seule prendre à sa charge les projets qu’elle estime les plus stratégiques, comme l’enveloppe de 2 millions d’euros nécessaire à la finalisation du Campus Esprit à Redon.
Au-delà, le risque essentiel résultant de ce désengagement massif de l’Etat est bien entendu celui d’une fracture territoriale qui devrait se creuser de manière substantielle. Nulle inquiétude à avoir concernant les grands CFA des métropoles ou adossés à des branches professionnelles fortes qui peuvent s’autofinancer via les contrats d’apprentissage.
Disons les choses clairement, elles ne pourront absorber à la fois le choc du PRIC et celui de l’apprentissage. Tout est fait aujourd’hui pour marginaliser les Conseils régionaux dans le champ de la formation professionnelle alors que, dans le même temps, on présente celle-ci comme un levier incontournable de la montée en compétence des entreprises et des territoires, ainsi que de la reconquête de notre souveraineté industrielle. Où est, là encore, la cohérence, tandis qu’inlassablement, dans chaque projet de loi de finances, ladite formation professionnelle apparaît désormais, sans aucune équivoque, comme une variable d’ajustement budgétaire ?
100M€ de moins pour l’agriculture
Ce n’est hélas pas la seule politique régionale à être déstabilisée par ce Budget 2027. En effet, le gouvernement y prévoit aussi, contrairement à des engagements inscrits dans la loi, de supprimer 100 millions d’euros de contreparties FEADER sur les aides agricoles, soit 350 millions d’euros de moins pour les agriculteurs. Pour la Bretagne, cette décision engendre naturellement des conséquences financières et opérationnelles considérables. Selon la clé de ventilation nationale fixée à l’occasion du transfert de compétence, la Région pourrait perdre 9,5 millions d’euros de ressources d’Etat dès 2027, avec notamment un risque majeur sur le financement de la Dotation Jeunes Agriculteurs (DJA) et des aides à l’investissement et à la transition.
On appréciera une fois encore le sens incomparable du timing du gouvernement, dont le retrait survient alors que le tissu agricole breton traverse une période de forte vulnérabilité, liée à la baisse des prix de revient du porc et du lait, à la hausse des charges MSA et, bien entendu, aux lourdes pertes consécutives aux récentes sécheresses estivales.
Une copie à revoir en profondeur
Passons plus rapidement sur d’autres mesures préjudiciables aux Régions que contient ce PLF 2027, comme la suppression de l’affectation d’une part des quotas carbone aux Autorités organisatrices de la mobilité (AOM), la minoration de la Dotation territoriale pour la transition écologique (DTCE) ou encore la diminution de 2,1 milliards d’euros par rapport à 2026, au prétexte de son « verdissement », du Fonds de compensation pour la TVA (FCTVA).
Tout cela est certes très technique, mais va se traduire, si aucun correctif n’est apporté, par une asphyxie financière d’une ampleur sans précédent des collectivités régionales, dont la contribution globale à l’effort de redressement des comptes de la Nation est évaluée pour l’an prochain à quelque 878 millions d’euros. C’est absolument intenable.
En conséquence, aux parlementaires de l’Assemblée nationale et du Sénat d’amender ce mauvais projet de budget afin que les Régions puissent continuer à l’avenir à se mobiliser pour les transports et les lycées, la transition écologique, le soutien aux entreprises et l’aménagement du territoire. Et au gouvernement de prendre enfin ses responsabilités. Si son ambition est de bâtir un modèle de croissance durable conciliant l’emploi, l’écologie et l’humain, alors nos Régions sont pour lui, qu’il le veuille ou non, un partenaire incontournable, qu’il convient de ménager plutôt que de maltraiter. La poursuite de l’intérêt général est à ce prix.

L’avis du mois.
Vous avez été le vice-président aux finances de la Région Bretagne de 2004 à 2012, avant de remplacer Jean-Yves Le Drian en tant que président de l’institution de 2012 à 2015. Quel regard portez-vous sur l’évolution des relations financières entre l’Etat et les collectivités territoriales ces vingt dernières années ?
« Les relations financières entre l’Etat et les collectivités souffrent depuis longtemps d’une instabilité préjudiciable aux politiques à long terme des collectivités. La fiabilité de ces relations est pourtant le meilleur moyen de répondre aux besoins de la population. A titre d’exemple, les contrats de plan successifs, socles pour les Régions des politiques d’aménagement et d’investissement propres à leurs compétences, ont rarement disposé, selon les calendriers envisagés, des moyens financiers promis. L’exemple de la RN 164 est éloquent à ce propos !
En règle générale, compte tenu du traditionnel centralisme français, les gouvernements utilisent régulièrement les collectivités comme variables d’ajustement de leurs initiatives budgétaires. Les récentes suppressions de la taxe professionnelle et de la taxe d’habitation en sont une illustration. »
Le projet de loi de finances 2027 est jugé très sévèrement par les associations d’élus locaux, qui dénoncent la volonté du gouvernement de « vider les caisses » ou de « faire les poches » des régions et des départements, des communes et des intercommunalités. Partagez-vous leur sentiment ?
« Oui, l’actuelle préparation du PLF 2027 obéit aux mêmes dysfonctionnements entre Etat et Collectivités, aggravés de plus par la situation catastrophique des finances nationales, plombées par une dette incontrôlée. L’envolée des taux engendre un coût annuel en intérêts qui paralyse progressivement presque tous les autres budgets.
Etouffé par ces contraintes externes, le gouvernement reporte en partie sur les Collectivités ses difficultés en ponctionnant ses fonds de concours, compensations diverses ou subventions. »
Concernant la situation spécifique des régions françaises, on évoque souvent le « mur d’investissement » qui se profile devant elles dans les champs notamment des mobilités et des transitions. Les pensez-vous capables de relever ce défi sans une réforme en profondeur de la fiscalité locale ?
« S’agissant des Régions, les besoins d’investissement sont effectivement essentiels. Qu’ils concernent les mobilités, l’indispensable transition écologique ou encore le patrimoine éducatif dont les récentes canicules ont fait ressortir les nouveaux besoins d’adaptation.
Comment résoudre cette redoutable équation ? Un certain nombre de diagnostics ont été présentés : suppression du « mille feuilles territorial », blocage des différents échelons sur leurs strictes compétences, mise à plat des multiples chaînes de financement afin d’en réformer l’efficacité…
Quelque chose ne fonctionne pas. Nous prélevons en France sur la richesse nationale plus qu’ailleurs. Les services rendus à la population semblent pourtant inférieurs à ce que l’on constate ailleurs. Où passe l’argent ?
Nous n’échapperons pas à une courageuse remise en cause de nos politiques : retraites, dispositifs fiscaux à l’égard des entreprises comme des particuliers afin de réduire les scandaleuses inégalités, tamisage radical de toutes les dépenses de fonctionnement… Plutôt que confier en majeure partie notre dette à des fonds étrangers spéculatifs, ce qui nous fragilise, pourquoi, à l’instar du Japon, ne pas rechercher les bons dispositifs pour utiliser les 6 600 milliards d’euros d’épargne détenus par les entreprises et particuliers français ? »
Au-delà des enjeux de fiscalité locale, la Région Bretagne, par la voix de son président Loïg Chesnais-Girard, se prononce aujourd’hui en faveur de la reconnaissance d’une forme d’autonomie régionale, voire d’un « fédéralisme à la française ». Estimez-vous que ces propositions soient de nature à surmonter les blocages politiques qui pèsent aujourd’hui sur le pays ?
« Observant ce qui se passe chez nos voisins européens, n’est-il pas légitime de s’interroger, sans insulter notre histoire, sur la meilleure efficacité apparente des Etats véritablement décentralisés, sous forme fédérale ou non ? Plus largement, comment provoquer une plus grande harmonisation au sein de l’Union Européenne, source de rayonnement et de meilleure prospérité pour les populations ?
La future élection présidentielle française n’échappera pas à ces interrogations. »
Pierrick Massiot, Président de la Région Bretagne entre 2012 et 2015
Bonnes nouvelles de Bretagne.
🍃🌊Une 12e Réserve Naturelle Régionale pour la Bretagne : les dunes et paluds bigoudènes !
Après Guissény et La Poterie, c’est au tour des dunes et paluds bigoudènes de rejoindre le réseau des réserves naturelles régionales. Il s’agit de la 12e réserve bretonne, et de loin la plus vaste de la région : 1 423 hectares, dont 923 terrestres et 500 maritimes, répartis sur neuf communes du sud de la baie d’Audierne, de Plozévet à Penmarc’h. Le site abrite le plus grand massif dunaire du Finistère, ses deux plus grands étangs naturels, Trunvel et Kergalan, et même un habitat unique en Bretagne, la lande sur serpentine, où pousse la fétuque bigoudène, une sous-espèce endémique. Plus de 700 espèces végétales et 1 200 espèces animales y sont recensées, dont 320 espèces d’oiseaux. Parmi elles, le gravelot à collier interrompu, la panure à moustaches, faisant de ce site une halte essentielle pour les oiseaux migrateurs.
Ce classement, porté par les communautés de communes du Haut Pays bigouden et du Pays bigouden sud, est l’aboutissement d’un long travail de concertation, qui n’a pas toujours été simple. Il ne s’agit pas de mettre le littoral sous cloche, mais de renforcer la préservation de cet écosystème face au changement climatique.
Et ce n’est qu’un début puisqu’un un nouvel appel à manifestation d’intérêt est ouvert du 15 octobre 2026 au 15 février 2027 et devra permettre de créer quatre à six nouvelles réserves dans les prochaines années. À noter également que, lors de la session régionale d’octobre 2026, qui a permis le vote de cette réserve, Loïc Hénaff, conseiller régional de la majorité de Loïg Chesnais-Girard et local de l’étape, s’est exprimé fièrement (et favorablement) sur le sujet !
🏉🩷Le RC Vannes : une victoire en rose et une saison aux couleurs de la Bretagne
Le Rugby Club de Vannes a décroché sa première victoire de la saison, samedi 24 octobre, face à Clermont (27-26), en jouant en rose pour « Octobre Rose ». Mais cette solidarité ne s’est pas arrêtée au coup de sifflet final puisque les 23 maillots portés ce soir-là, dédicacés par les joueurs, ont été mis aux enchères au profit de l’association « La Vannetaise ». Un symbole important pour un club qui soutient cette cause chaque mois d’octobre, avec le même esprit de solidarité sur et en dehors du terrain.
Le club affiche aussi un attachement très fort à son territoire. Pour présenter ses maillots 2026/27, il a dévoilé un clip intitulé « Brezhoneg », entièrement tourné vers la culture bretonne : danseurs en costumes traditionnels de la Compagnie ASK, sonneurs sur le littoral, et un poème de Jean-Pierre Calloc’h, « Me zo ganet e kreiz ar mor » (« Je suis né au milieu de la mer »), chanté en breton par le groupe Fleuves avec la chanteuse Sarah Floc’h. La langue bretonne se retrouve jusque sur la tenue : la devise « Hep brezhoneg, Breizh ebet » (« Sans langue bretonne, pas de Bretagne »), chère à Alan Stivell, orne le dos du col, « Karantez Vro » (« l’amour du pays ») figure en bas à droite, et les manches arborent un motif de triskels.
Mieux encore, selon l’annonce du club, une somme sera reversée à des structures qui enseignent le breton pour chaque maillot vendu. Une manière de faire vivre la langue auprès des générations futures, à Vannes comme ailleurs en Bretagne !
🛜✅La fibre pour tous : la Bretagne tient sa promesse
C’est la fin d’un très long chantier, celui du déploiement de la fibre. Voté en 2012, lancé en 2014, c’est avec l’installation de la dernière prise le 6 novembre 2026 du côté du Cap Fréhel dans les Côtes-d’Armor que ce projet se clôturera. Le pari a été tenu avec 100 % de foyers bretons éligibles, y compris là où c’était le plus compliqué, notamment sur les îles bretonnes. Naturellement, cet objectif des 100 % ne s’arrêtera pas brusquement puisqu’il faudra encore étendre ce réseau aux nouveaux quartiers, aux entreprises qui s’installent et surtout, l’entretenir et le rendre toujours plus robuste.
Piloté par Mégalis Bretagne, syndicat mixte qui fédère la Région, les quatre départements et les intercommunalités, le chantier a été colossal : 1,3 million de prises posées pour 1,7 milliard d’euros ! Une réussite que nous devons d’abord à l’effort commun porté par les collectivités bretonnes. Grâce à ce travail collectif, le réseau breton est devenu le premier réseau public de France. Preuve, pour le Président de la Région, que les collectivités locales savent encore piloter de concert des projets complexes.
Ce chantier de plus de 10 années est un véritable exemple d’avancée majeure pour l’égalité entre les territoires, et démontre qu’une ambition collective peut être tenue. Et comme dirait Loïg Chesnais-Girard : « quand on parle d’un pays ingouvernable, regardez ce qu’on sait faire en Bretagne ! ».
Le chiffre du mois.

94 % des nappes phréatiques en Bretagne sous la normale : la fin d’une exception climatique face à un déficit en eau historique. On a longtemps cru la Bretagne à l’abri. Toujours présentée comme une terre de pluie, ou plutôt en réalité de crachin, elle semblait n’avoir rien à craindre d’un éventuel manque d’eau. Mais les étés récents, dont ceux de 2022 et 2026, mettent en exergue une réalité différente. Selon le BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières), 94 % des nappes phréatiques bretonnes se trouvaient sous la normale au 1er octobre, contre 66 % au niveau national : c’est le niveau le plus bas pour un mois de septembre depuis 2009. Autrement dit, la Bretagne fait figure d’exception, mais ici pas dans le bon sens..
L’explication est simple et géologique : le sous-sol granitique breton ne permet pas de constituer de grandes nappes. Celles-ci fournissent donc peu d’eau potable, mais elles alimentent nos rivières : quand elles baissent, nos cours d’eau en pâtissent.
Selon l’Observatoire de l’environnement en Bretagne, 76 % de l’eau potable bretonne est produite à partir des eaux de surface, alors que dans le reste de la France, elle provient aux 2/3 des eaux souterraines. Nos rivières et nos barrages, dépendants des pluies, sont donc nos principaux réservoirs d’eau. Or, quand les gouttes se font rares, tout se complique.
En 2022, la Bretagne a connu une sécheresse exceptionnelle par sa durée et son intensité, qui a sérieusement menacé l’alimentation en eau potable. En 2026, l’histoire se répète, en pire, même si la pluviométrie de l’année hydrologique (septembre 2025 à août 2026) était globalement proche de la normale, mais très irrégulière.
Dans le Finistère, la Préfecture a placé le département en « alerte renforcée » le 16 juillet, puis en « crise sécheresse » début août. Entre juillet et septembre, le déficit pluviométrique a atteint environ 60 % au barrage du Drennec, qui alimente environ 300 000 habitants, dont ceux de Brest et de sa métropole. Son taux de remplissage est tombé autour de 30 %, du jamais-vu depuis sa création il y a quarante ans. Et malgré les appels à la sobriété, la consommation ne faiblit pas, alors que les marges existent : sur les 140 litres consommés chaque jour par un Finistérien, 60 % partent à la douche.
À la quantité s’ajoute la qualité. Plus exposées aux pollutions agricoles, domestiques ou industrielles, les eaux de surface demandent davantage de traitement. Plus de 400 captages ont d’ailleurs été fermés en Bretagne depuis 1970, autant de ressources qui nous manquent aujourd’hui. En Ille-et-Vilaine, seulement 2 % des eaux de surface sont considérées en bon état écologique, relevait récemment la vice-présidente de la Région chargée de l’eau (Mme Delphine Alexandre).
Cette situation impose un changement de méthode, en passant d’une gestion de crise à une gestion préventive : protéger les captages, économiser l’eau, renforcer les interconnexions entre territoires, et mieux connaître les ressources souterraines, qui pourraient constituer une solution à mieux exploiter à l’avenir. Les initiatives ne manquent pas et certains territoires montrent déjà la voie : à Morlaix, la régie « An Dour » recrée du bocage, restaure les zones humides et reméandre les cours d’eau pour que les sols se gorgent d’eau l’hiver et la restituent l’été.
Ce chiffre de 94% rappelle que l’eau, en Bretagne plus qu’ailleurs, est une ressource à ménager collectivement !
Posez-lui une question : LCG vous répond.
Chaque mois, cette rubrique vous donne la parole. Vous nous transmettez vos questions et nous en sélectionnons une pour que Loïg, Président du Souffle Breton, y réponde directement en vidéo.
Vous pourrez nous faire parvenir vos questions par mail (lcgvousrepond@gmail.com), sur nos réseaux sociaux, ou directement en réponse à cette newsletter.
La question de ce mois de novembre fait référence aux résultats d’une étude récente de l’IFOP pour « Régions et Peuples Solidaires », sur les enjeux du régionalisme et la décentralisation à 6 mois de la présidentielle !
Elle y indique notamment que « dans un contexte de défiance envers les centres de pouvoir, la Région apparaît plus que jamais comme le niveau le plus apte à décider : 74% des Français (78% des Bretons) souhaitent qu’à l’avenir, les pouvoirs de décision se situent dans les régions, soit une hausse de 28 points par rapport à 2002 ».
Loïg nous répond en vidéo, cliquez sur la photo !
Merci pour votre lecture, retrouvez le prochain numéro au début du mois de Décembre !
