NEWSLETTER SEPTEMBRE 2026.

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La nouvelle newsletter du Souffle Breton

À partir de cette année, notre newsletter évolue avec un nouveau format : de nouvelles rubriques, des interviews exclusives, des dossiers approfondis sur des sujets variés et tous les rendez-vous clés du Souffle Breton !

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La Bretagne en 3 dates.

Depuis quarante ans, la décentralisation avance par à-coups, souvent à reculons, et presque toujours avec un porte-monnaie à moitié vide. Trois dates pour comprendre d’où l’on vient, et pourquoi la Bretagne attend toujours son tour.

1982 : La révolution Defferre

À peine François Mitterrand élu, Gaston Defferre, maire de Marseille et ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, s’attaque au vieux réflexe parisien. La loi du 2 mars 1982 supprime la tutelle du préfet : l’État ne valide plus les décisions des collectivités avant qu’elles soient prises, il les contrôle après, devant le juge administratif et les chambres régionales des comptes. C’est l’acte 1 de la décentralisation.

La Région, simple circonscription administrative en 1960 puis établissement public en 1972, devient une collectivité de plein exercice, dirigée par un conseil élu au suffrage universel. Elle reçoit une clause générale de compétence et une mission prioritaire : le développement économique.

2003 : La décentralisation entre dans la Constitution, les factures dans nos budgets

Sous Jacques Chirac, le gouvernement Raffarin ouvre l’acte II. La révision constitutionnelle du 28 mars 2003 inscrit à l’article premier que l’organisation de la République est décentralisée. Les Régions font enfin leur entrée dans la Constitution, avec le droit à l’expérimentation, le référendum local et le principe de subsidiarité : agir à l’échelon où l’on agit le mieux. Sur le papier, tout y est.

En Bretagne, cette nouvelle donne arrive avec une nouvelle majorité : en 2004, la gauche remporte la Région, avec Jean-Yves Le Drian à sa tête. Elle se saisit des compétences transférées par la loi du 13 août 2004 : les ports de Brest, Lorient et Saint-Malo passent sous pavillon régional, la formation professionnelle s’étoffe, les agents techniques des lycées rejoignent la collectivité. Et la même année, la Région fait ce que l’État se refuse toujours à faire : elle reconnaît officiellement le breton et le gallo, aux côtés du français, comme langues de la Bretagne.

Reste l’éternelle question des moyens. Les transferts se font sans que les financements suivent vraiment, et l’autonomie financière, désormais inscrite dans la Constitution, attend toujours de devenir réelle. Une réforme pensée pour renforcer les Régions qui profite surtout aux départements, avant que la loi de 2010 ne referme la parenthèse sans que l’acte II ait tenu ses promesses.

2015 : une nouvelle carte, une occasion manquée

Au printemps 2014, le gouvernement annonce vouloir diviser par deux le nombre de régions. Le 17 avril, le Conseil régional de Bretagne, sous la présidence de Jean-Yves Le Drian, adopte un vœu en faveur de la réunification avec la Loire-Atlantique. L’idée trouve un écho au-delà de la Bretagne administrative : député de Loire-Atlantique et président du groupe écologiste à l’Assemblée, François de Rugy juge alors la région des Pays de la Loire « complètement artificielle ».

Mais au niveau national, le débat se pose en d’autres termes : ce sera le statu quo, ou la fusion de la Bretagne avec l’ensemble des Pays de la Loire. Les élus bretons refusent de voir la Bretagne diluée dans un grand ensemble de l’Ouest, et le rattachement de la seule Loire-Atlantique ne sera jamais vraiment sur la table. La loi du 16 janvier 2015 ramène ainsi la carte à 13 régions métropolitaines. Certaines fusions ont du sens : la Normandie retrouve son unité, et personne ne voudrait revenir en arrière. La Bretagne, elle, garde ses quatre départements.

En guise de lot de consolation, un droit d’option permet à un département de changer de région. Il suffit de l’initiative d’au moins 10 % des élus, puis d’un vote à la majorité des trois cinquièmes dans le département et dans les deux régions concernées. Autrement dit, une porte fermée à triple tour, que les élus bretons n’ont jamais réussi à entrouvrir.

Et maintenant ?

Onze ans plus tard, le sujet refuse de se laisser enterrer. Il revient dans la rue, porté par des collectifs qui dépassent les clivages partisans, et jusque dans les débats publics ouverts en 2025 à l’initiative de la Ville de Nantes. Au Forum économique breton, Loïg Chesnais-Girard l’a glissé à Gabriel Attal, le sourire aux lèvres : rattacher la Loire-Atlantique à la Bretagne, voilà une réforme utile. En bref : Nous ne demandons pas à sortir de la République. Nous demandons à y décider davantage, avec les moyens d’exercer ce qu’on nous confie, dans une Bretagne qui ressemble enfin à son histoire.

Le sujet du mois.

Tout le monde se souvient encore du discours que prononça Emmanuel Macron place Saint-Corentin à Quimper le 21 juin 2018. Un discours inspiré et volontaire, qui prétendait poser les jalons d’une nouvelle ère de confiance dans les relations entre l’Etat et les collectivités locales, fondée sur la décentralisation de projets et la différenciation territoriale. Ce fut dit et redit, une nouvelle dynamique allait s’enclencher, dont la Bretagne avait tout naturellement vocation à constituer le « laboratoire ».

Las, huit longues années ont passé depuis lors, et le souffle des promesses de Grand Soir est bien retombé, laissant place à la morne désillusion des lendemains qui déchantent. Alors que l’actuel Président de la République s’apprête à quitter l’Elysée après deux quinquennats passablement mouvementés (crise des Gilets Jaunes, pandémie de Covid, guerre en Ukraine), l’heure des inventaires a sonné. Prêtons-nous donc à l’exercice sous cet angle spécifique de la décentralisation.

Le lent étranglement financier des collectivités

Le bilan d’Emmanuel Macron dans ce domaine, c’est d’abord une recentralisation financière d’une ampleur sans précédent. La suppression de la taxe d’habitation et celle de la CVAE (Cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises) ont eu pour effet de briser le lien fiscal direct entre les collectivités territoriales, leurs habitants et leurs entreprises. Ces ressources ont été compensées par des dotations d’Etat dont l’inconvénient majeur est qu’elles rendent nos régions et départements, nos communes et intercommunalités très dépendantes des lois de finances votées par le Parlement.

Appelons les choses par leur nom : c’est une véritable mise sous tutelle qui a été imposée aux collectivités de ce pays. Une mise sous tutelle qui permet de les assujettir, dans le contexte austéritaire des budgets nationaux adoptés ces dernières années, aux fourches caudines du fameux « redressement des finances publiques ». Redressement auquel, évidemment, l’Etat exige qu’elles contribuent bien au-delà de leur part effective dans la dégradation des comptes de la Nation.

On peut parler de purge massive. Au demeurant, cette asphyxie financière planifiée de manière méthodique n’est pas qu’injuste, elle se révèle aussi et surtout périlleuse, dans un pays où plus de 58 % de l’investissement public émanent des collectivités territoriales. Voilà un moteur essentiel de la croissance française dont on est sciemment en train d’organiser le sabotage.

Un acte 1 de la recentralisation ?

Fragilisées sur le plan financier, les collectivités ont-elles du moins vu leur périmètre d’intervention préservé, voire élargi ? Sur ce plan également, un immense sentiment de désillusion prévaut. La loi du 21 février 2022 relative à la différenciation, la décentralisation et la déconcentration, dite loi « 3DS », n’est qu’une petite loi technique sans réelle ambition. Certes, elle autorise, sous conditions, le transfert de la gestion de certaines routes nationales aux départements ou régions et renforce le pouvoir des maires en matière de logement, mais la portée de ces dispositions reste extrêmement limitée.

En retirant aux régions le pilotage des politiques d’apprentissage pour le confier à l’Etat et aux branches professionnelles, la loi du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel constitue en revanche un réel point de rupture historique, en ce sens que, pour la première fois depuis les années 1980, elle procède à la recentralisation d’une compétence confiée par le législateur aux collectivités territoriales.

Une décision malheureuse dont nous mesurons aujourd’hui pleinement les effets pervers : certes, elle s’est traduite par une augmentation conséquente du nombre d’apprentis, mais au prix d’aides publiques massives qui ont culminé à plus de 24 milliards d’euros en 2024 et de la mise en place d’un système qui favorise les zones urbaines et les métiers porteurs au détriment des territoires ruraux où les CFA de proximité se trouvent en grande difficulté.

De maigres compensations

En contrepartie de la perte de cette compétence « historique », les régions ont certes obtenu une sorte de lot de consolation, en se voyant confier la mission d’organiser des actions en matière d’information sur les métiers et les formations au bénéfice des collégiens, lycéens, étudiants, apprentis et personnes en reconversion.

Cela aurait pu avoir du sens si le législateur ne s’était pas arrêté au milieu du gué. En l’espèce, la multiplicité des acteurs porteurs d’une partie de la compétence en matière d’orientation au niveau national, régional et local conduit à des doublons d’action, une illisibilité du système pour les bénéficiaires et leurs prescripteurs, et une dilution de la responsabilité et de la capacité à évaluer les contributions respectives.

En ce qui concerne la différenciation, signalons tout de même la création de la Collectivité européenne d’Alsace en 2021 ainsi que les débats en cours, dont on peut douter de l’aboutissement, sur le projet de loi constitutionnelle pour une Corse autonome au sein de la République.

Le renforcement de « l’Etat local » comme panacée

En dernier ressort, le sentiment qui domine est que la sensibilité politique d’Emmanuel Macron l’amène à miser beaucoup plus sur la déconcentration que sur la décentralisation. Les derniers épisodes du grand feuilleton politique national l’attestent volontiers. On se souvient qu’à l’automne 2025 le nouveau Premier ministre Sébastien Lecornu avait annoncé le lancement d’un grand acte de décentralisation – lequel avait suscité beaucoup d’espoir, en Bretagne comme ailleurs. Pour appendre finalement, au mois d’avril dernier, que ladite réforme ne verrait finalement pas le jour, mais qu’à la place nous aurions droit à un projet de loi visant à renforcer le pouvoir des préfets…

Belle maladresse que celle consistant à sortir du chapeau un texte visant à conforter l’Etat local là où tout le monde attendait l’exact contraire, à savoir un texte offrant de nouveaux leviers d’action aux collectivités. Cela ne pouvait bien entendu pas marcher et, de fait, le gouvernement, face à la levée de boucliers, a dû retirer son projet de loi dès le 25 juin.

Reste la force des symboles, tant cette affaire est révélatrice de la résistance du pouvoir central envers tout processus d’émancipation des territoires dans ce pays. Une résistance implacable mais qui avance masquée. Comment ainsi ne pas être frappé par la contradiction majeure entre le verbe girondin de l’actuel Président de la République et sa pratique du pouvoir tellement jacobine ? Au bout du compte, Emmanuel Macron a géré les territoires avec la vision d’un haut fonctionnaire, en concevant les collectivités non comme des espaces de démocratie autonome, mais comme des agences au service de ses politiques nationales.

Bonnes nouvelles de Bretagne.

🚴🌈La Bretagne brille au Championnat du Monde de paracyclisme

Quatre Bretons étaient engagés sous les couleurs de la France lors des Championnats du monde paracycliste à Huntsville, aux États-Unis. Et c’est avec une pluie de maillots arc-en-ciel qu’ils reviennent d’Outre-Alantique. Ces résultats et ces magnifiques performances ne sont que le reflet de l’immense talent de nos athlètes bretons ! Et si ces médailles n’étaient que les prémices de Jeux Paralympiques exceptionnels en 2028 ?

D’abord, il leur faudra passer l’année 2027, une année déterminante. Une année de qualification, de sélection pour les Jeux Paralympiques de 2028 qui se dérouleront à Los Angeles. Et si les Etats-Unis semblent réussir à nos champions bretons, il leur faudra passer le chemin escarpé des Championnats du Monde 2027 en Savoie. Mais avant cela laissant leur le temps de savourer le goût de l’or.

Un grand bravo à Heïdi Gaugain, Alexandre Léauté, Louis Hubert et Gatien Le Rousseau (ainsi qu’à l’ensemble des athlètes de l’Equipe de France) qui prouvent une fois de plus que la Bretagne est une terre de vélo.

🏄🍴En Bretagne, le plein succès de la saison touristique

Après un début de saison en demi-teinte, le mois d’août a redonné le sourire aux professionnels du tourisme breton. 83 % d’entre eux se sont déclarés satisfaits de la fréquentation touristique, tandis que 75 % l’estiment stable ou en hausse par rapport à août 2025. Les hébergeurs ont tiré leur épingle du jeu, avec 88 % de professionnels satisfaits. Dans les campings, la satisfaction atteint même 99 %, confirmant l’attrait des vacances en plein air en Bretagne. Les restaurateurs affichent eux aussi le sourire, avec 85 % de satisfaction sur le mois.

Enfin, il faut le souligner, la météo particulièrement chaude a favorisé les activités de pleine nature et les loisirs en extérieur. Et cette belle dynamique ne s’arrête pas là puisque près de deux professionnels sur trois sont satisfaits des réservations pour septembre. Une belle manière pour la Bretagne de confirmer, une nouvelle fois, son attractivité touristique !

⬛⬜Le .bzh reçoit le Prix Ambassadeur de la langue bretonne 2026

Le .bzh a reçu début septembre le Prix Ambassadeur de la langue bretonne 2026 décerné par Produit en Bretagne. Une distinction méritée venant saluer l’engagement porté de faire vivre la langue bretonne dans les usages numériques et de contribuer à son développement dans les technologies de demain. Cette récompense dépasse le symbole, elle consacre une conviction : celle de faire de la langue bretonne une langue vivante, trouvant sa place dans tous les espaces de la société.

L’une des avancées les plus visibles de ces dernières années est l’intégration du breton dans Google Traduction. Une avancée majeure tant pour les locuteurs que pour la visibilité de la langue auprès d’un public beaucoup plus large. Enfin, le combat consistant à faire du breton une langue pleinement contemporaine, utilisée, visible et accessible n’est pas terminé.Il se poursuit notamment avec le projet #EmojiBZHqui caractérise si bien cette volonté collective de faire entrer le breton dans les usages numériques.

Le chiffre du mois.

Plus qu’un chiffre, ce 52% témoigne d’un état d’esprit. En Bretagne, la vie associative tient une place particulière dans le quotidien des Bretonnes et des Bretons. Elle irrigue nos vies, que ce soit dans le sport, la culture, le social, la politique ou tout autre secteur. Toutes et tous, nous avons été, sommes ou serons un jour membres ou adhérents d’une association, peu importe le niveau d’engagement, peu importe le temps passé.

Derrière le mot « associatif », il y a environ 725 000 visages. Des hommes et des femmes, âgés de moins de 50 ans pour 59% d’entre eux ; contrairement au niveau national, où la tranche d’âge la plus représentée est celle des plus de 70 ans ; qui s’investissent plus ou moins régulièrement pour le fonctionnement et le développement de leurs associations.

Et puisque cette rubrique s’intéresse aux chiffres, citons-en un de plus : 90% des associations en France fonctionnent et se développent avec la seule ressource humaine bénévole !

Mais comme nombre de secteurs, l’associatif traverse une période de mutations profondes qui l’oblige à s’adapter. L’engagement est toujours là, toujours aussi fort, mais il se fait parfois plus diffus, plus jeune aussi, et donc plus mobile. Bref, le monde associatif doit faire évoluer son modèle pour garantir sa pérennité.

Enfin, à l’aube du mois d’octobre, qui clôt une saison estivale bretonne riche, il nous faut saluer le travail de fourmi réalisé par les bénévoles tout au long de l’année. Cet engagement du quotidien, qui ne se voit que quelques jours, quelques heures par an, la Région Bretagne a souhaité le valoriser en mettant à disposition une estampille « Bénévoles BZH ». Utilisable librement, dans les trois langues de Bretagne, elle permettra de fédérer les bénévoles engagés dans les associations bretonnes et d’afficher fièrement son appartenance à cette grande équipe.

Ce chiffre de 52% n’est donc pas qu’une statistique : c’est la preuve que la Bretagne se construit d’abord par celles et ceux qui s’engagent, sans attendre qu’on le leur demande. Une force collective que le Souffle Breton entend soutenir et valoriser !